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Guignols et chansonniers ont-ils remplacé les tribuns? Forment-ils un nouveau parti politique ? L’information aujourd’hui fait un très large emploi de l’humour, devenu un instrument médiatique à part entière. Mais derrière la satire, est-ce l’information qui est recherchée ou n’est-ce pas le rire pour le rire? La satire politique est-elle une information ou un dépit? Un constat d’échec ou un programme?
Prenant le contre-pieds à la fois du discours néolibéral et du discours socialiste, l’éthique du «care» s’offre comme une alternative à deux représentations réductrices de l’individu et de la société: contre la fiction de l’individu autonome et du self-made man, cette nouvelle pensée souligne les interdépendances qui lient entre eux les individus du sommet et de la base de la pyramide sociale; à l’idée d’une solidarité sociale reliant verticalement les individus à des institutions étatiques, la pensée du «care» ajoute une solidarité horizontale, au sein de la société civile, à travers des relations interpersonnelles. En quoi cette nouvelle représentation de la société peut-elle redéfinir nos politiques et proposer de nouveaux modèles d’aide?
Qui contrôlent les médias: les politiciens? les journalistes? la société? personne? Intermédiaires nécessaires entre la vie politique et l’opinion publique, les médias ont pour but de développer une vision critique et raisonnée. Mais un soupçon pèse sur eux: ne sont-ils pas un quatrième pouvoir, un pouvoir de l’ombre qui dicte nos voix? Entre information et manipulation, où se situe l’autonomie de l’opinion publique et sa légitimité? Dès lors, est-ce bien la volonté générale qui s’exprime dans les urnes, à l’abri de toute influence?
" Je ne crois que ce que je vois ", voilà ce qui définit la force des médias: nous convaincre par l'évidence indiscutable d'une image. Obtenue mécaniquement, l'image photographique (et donc filmique) vaudrait-elle ainsi, par sa parenté avec le réel, comme la meilleure des preuves ? Pourtant, la reprise de cet argument par les films défendant l'hypothèse complotiste à propos du 11-Septembre en révèle l'ambiguïté: le recours à l'image-preuve repose sur la croyance en un visible univoque. Mais peut-on faire parler une image? Est-elle réellement une preuve ou exprime-t-elle l'idéologie médiatique et l'utopie contemporaine d'une image qui serait plus qu'une image?
Caricatures et planches satiriques constituent une force de conviction non négligeable, malgré l’avènement de la photographie et malgré son apparence dérisoire: art engagé, art de la phrase lapidaire et de l’humour populaire, quelle fonction remplit aujourd’hui le dessin de presse? A la croisée de la politique et de l’art, dans quelle mesure un dessin peut-il rivaliser avec un long discours et influencer l’opinion?
Que reste t-il aujourd'hui de la posture classique de l'imperméabilité des sciences par rapport aux valeurs ? Si les diverses façons de faire de la science renvoient à des choix de société, quelle éthique sociale de la recherche voulons-nous ? Et comme en retour les savoirs confèrent du pouvoir, de quel poids les experts peuvent-ils légitimement peser dans le débat politique ? Pourquoi et jusqu'où admettre l'ingérence du savant dans les affaires de la cité ? Quelle démocratie des sciences et de l'expertise aujourd'hui ?
Alors que beaucoup de responsables qualifient à demi-mots la crise économique de naturelle, nombreux sont ceux issus du monde politique, universitaire ou encore de la presse qui pointent du doigt les choix politiques qui en sont responsables. L'idée que la solution pour une reprise rapide passe par un renoncement à certains acquis sociaux semble presque faire consensus. Pourtant, est-ce vraiment la solution ? De quelle marge de manœuvre dispose le politique pour prévenir ou panser les effets réels d'une telle crise ?
Avec le développement cacophonique de l’Internet, des communications et des échanges d’informations numériques, de nombreuses questions se posent quant aux respects de certaines valeurs qui fondent l’homme et ses sociétés: pouvons-nous encore aller et venir anonymement où on le souhaite ? Notre identité est t-elle fichée à notre insu dans des bases de données inconnues ? En somme, notre vie privée est t-elle menacé par l’ère technologique dans laquelle nous vivons ?
Qu’est ce qu’être homme ou femme aujourd’hui, quand la chirurgie rend possible de décider soi-même de son sexe? Notre identité sexuelle nous semble biologiquement déterminée mais voici que nous pouvons artificiellement changer ce que la nature a créé. La différence sexuelle ne va pas de soi: elle est un produit historique qui n’a pas été pensé toujours de la même façon.
Maestro autoproclamée du monde pendant plus d’un siècle, l’Occident ne dirige plus aujourd’hui le chœur des nations: des voix s’élèvent, revendiquant l’égalité de leur parole après avoir été sous la tutelle coloniale et marquant l’avènement de l’ère post-coloniale. Quelle place dès lors peuvent avoir les revendications d’ingérence? Quelle institution peut prétendre être encore l’arbitre ou le gendarme du monde?
Vieux problème philosophique du réel, récentes technologies de l’environnement virtuel, les deux allient aujourd’hui leurs voix pour nous poser des questions. Qu’est-ce que la réalité, si elle peut être «virtuelle» ou «augmentée»? Où est l’illusion et où est le réel? Y a-t-il autre chose que nos représentations? La technologie moderne interroge notre rapport à la réalité et nous invite à repenser l’opposition commune entre réel et virtuel. La question centrale, en somme, est: avons-nous bien le sens des réalités?